
Il y a cinq ans, la France entrait en confinement. Certains parlaient de guerre, d’autres de fin du monde. Nous, nous agissions. Car nous avions anticipé.
Avant que tout ne bascule, nous avions déjà constitué des stocks de masques, de gel hydro-alcoolique et d’équipements de protection. Non pas pour la France, mais pour les pays en voie de développement. Mais aussi pour les personnes à la rue, car nous avions compris la gravité de la situation bien avant que les mesures ne soient annoncées. Depuis plusieurs semaines, les signaux d’alerte étaient au rouge et, en tant que petite organisation humanitaire, notre professionnalisme et notre anticipation nous ont poussés à agir en amont.
Mais anticiper a un prix en France, et cela peut déranger.
Lors du confinement, le masque était tabou. Pire encore, les pompiers, les forces de l’ordre et les services de l’État avaient interdiction de le porter pour ne pas « effrayer la population », avant de devenir obligatoire partout quelques jours plus tard. Et pourtant, nous avions réussi à rassembler suffisamment de masques FFP2, de gel hydroalcoolique et d’équipements de protection pour soutenir des médecins, des infirmiers, des hôpitaux et des institutions sur l’ensemble du territoire français, y compris en Corse et dans les DOM-TOM.
Nous avons fourni des masques, du gel hydro-alcoolique et du matériel à des hôpitaux tels que le CHAM de Rang-du-Fliers, l’hôpital de Boulogne-sur-Mer, l’hôpital de Maubeuge, l’hôpital du Havre, l’hôpital de Roubaix, mais aussi à des services de secours, des institutions, des commerces, des services de police, des pompiers et des associations humanitaires.
Pendant ce temps, en tant que président du GSCF, j’étais menacé. L’Agence Régionale de Santé (ARS) souhaitait réquisitionner nos stocks. Nous sommes entrés en 2020 dans une époque où les libertés ont été bafouées, où la peur a pris le dessus et où des dépenses astronomiques et inutiles ont été engagées par ceux qui se prétendent « pensants ».
Aujourd’hui encore, la France paye le prix de cette défaillance de l’État, où certains se sont enrichis sur le dos d’une crise. Peut-être étions-nous trop naïfs de faire confiance à nos élites ?
Mais aujourd’hui, je suis fier. Fier de ce que nous avons accompli, fier du soutien que nous avons apporté. Merci à nos donateurs d’avoir été présents, merci à eux d’être encore là.
Un livre a été écrit sur cette période : La mascarade démasquée.
@ Thierry VELU